La gare d'Isiro, un voyage dans le temps

Publié le par isa.au.congo.over-blog.com

Depuis 2 semaines, nous avons la visite d'un collègue suisse à Isiro, Clément qui fait des aller-retours entre Isiro et Dungu, une de nos bases un peu plus au nord, et Ango, à la frontière avec le Centrafrique. C'est un sacré caractère qui adore parler, toujours un truc à raconter et.... qui adore, entre autres, les trains! Oui, ça peut être surprenant, en tout cas moi ça m'a surprise. Il voulait absolument visiter l'ancienne gare d'Isiro qu'importe le prix. Notre administrateur adjoint s'est donc renseigné pour savoir s'il fallait payer et pour avoir l'autorisation de quelqu'un dans la ville pour pouvoir se rendre sur le site. Il a réussi à s’adresser au responsable du site qui a accepté de nous faire faire le tour de l’ancienne gare un dimanche après-midi.

 

Personnellement, je ne m’attendais pas du tout à ce qu’on a vu et j’y allais juste histoire de faire quelque chose de mon dimanche après-midi. Tout d’abord, la personne qui nous a servi de guide était un des anciens responsables de la gare quand elle fonctionnait encore. Il est originaire de l’Equateur (une région du Congo à l’Ouest de la Province Orientale) et était venu il y a une quarantaine d’années à Isiro pour exercer ses fonctions. C’était un passionné des chemins de fer. Il était super touchant quand il nous expliquait comment fonctionnait la gare et avait toujours l’espoir que le traffic ferroviaire reprenne un jour.

 

Le réseau SAM 1745de fer de l’époque dans la Province Orientale s’étendait sur environ 1000 km joignant la region d’Isiro à la Province de l’Equateur. La gare d’Isiro comptait environ 400 employés. Il y avait un atelier de fabrication de pièces detachées et une grande capacité de stockage. A l’époque, ils stockaient notamment du café et du coton. L’indépendance, des années de guerre et la bêtise humaine ont réduit le réseau ferroviaire à rien du tout. Cet homme que nous avons rencontré essaie avec d’anciens mécaniciens de maintenir la gare en “état”, c’est-à-dire qu’il fait ce qu’il peut pour qu’elle ne se détériore pas davantage.

 

On a eu l’impression pendant la visite de revenir 20-30 ans voir plus en arrière. Le traffic ferroviaire s’est arrêté dans les années 1990 quand les derniers belges sont partis. Il y a eu quelques essais pour faire rouler des appareils sur les rails mais dans certains endroits les habitants avaient commencé à démonter les rails…

 

Un camion et une ambulance montés sur rails

 

SAM 1744

SAM 1741

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'ancien atelier et l'ancien tableau électrique

 

SAM 1763

SAM 1755

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Anciennes machines et anciens pistons

 

SAM 1770

SAM 1767

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 SAM 1772

SAM 1771

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ancien bureau et anciennes consignes des voyageurs

 SAM 1789

SAM 1784

 

 

 

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colette Ferauge 16/08/2011 22:14


Je suis enseignante dans une petite école de village en Belgique.
Je suis en contact avec "Kakinani", c'est une Asbl qui cherche à remonter une école fondamentale à Isiro. je compte leur donner des manuels scolaires, que nous n'utilisons plus dans notre école,
qui sont en bon état, et qui peuvent avoir une seconde vie ... Je me sents si "petite" dans cet océan de misère... Mais je garde espoir.
Je me sents responsable de ce qui se passe au congo, en temps qu'européenne...


Ferauge C 09/08/2011 21:51


C'est très touchée que je lis l'article de la visite de la gare d'Isiro, je découvre le site, je retourne dans mon passé pour la simple et bonne raison que c'est ma terre de naissance, oui, je suis
née à Isiro et il me prends l'envie de découvrir l'endroit où je suis née. Quelle tristesse, quelle désolation! Quel carnage nous avons fait dans ce si beau pays...


isa.au.congo.over-blog.com 16/08/2011 18:39



Merci pour votre message. Ca m'impressionne toujours de voir les traces du passé, d'imaginer la ville que c'était et de voir ce que c'est devenu aujourd'hui... Il y a eu beaucoup de souffrance
dans cette région.



Becky 28/11/2010 22:36


wow je croyais que sa exister que dans le Flims retour vers le future avec sa voiture monter sur des rails
Merci encor pour ce partage et que dieu te gare
Rémy


isa.au.congo.over-blog.com 04/12/2010 21:52



Mais de rien! Bises à vous aussi!



Becky 28/11/2010 22:12


Wow. C'est comme un ghost town.
Merci beaucoup d'avoir partagé ceci avec nous.
Bisous xx